apocryphe


apocryphe

apocryphe [ apɔkrif ] adj. et n. m.
• 1220; lat. ecclés. d'o. gr. apocryphus
1Que l'Église ne reconnaît pas, n'admet pas dans le canon biblique. Évangiles apocryphes. N. m. Les apocryphes de la Bible.
2(XVIIe) Dont l'authenticité est au moins douteuse. controuvé, 1. faux, inauthentique. Testament apocryphe. « Sa vie aventureuse a prêté à des mémoires apocryphes fabriqués de son vivant » (Sainte-Beuve).
⊗ CONTR. Authentique, canonique. Reconnu.

apocryphe adjectif et nom masculin (latin aprocryphus, du grec apokruphos, secret) Se dit d'un texte qui n'est pas authentique ; faux : Testament apocryphe. Se dit de tout écrit qui, se présentant comme un livre inspiré de Dieu, ne fait pas partie du canon biblique juif ou chrétien. ● apocryphe (difficultés) adjectif et nom masculin (latin aprocryphus, du grec apokruphos, secret) Sens Ne pas confondre ces deux mots. 1. Anonyme = dont on ne connaît pas l'auteur. Lettre anonyme ; roman anonyme. Remarque Un document peut être anonyme, non signé, mais authentique. 2. Apocryphe = dont l'origine est douteuse ; qui n'est pas authentique. Citation apocryphe attribuée à Jules Renard. Sens Ne pas confondre avec anonyme. → anonymeapocryphe (synonymes) adjectif et nom masculin (latin aprocryphus, du grec apokruphos, secret) Se dit d'un texte qui n'est pas authentique ; faux
Synonymes :
- controuvé
- prétendu
- supposé
Contraires :

apocryphe
adj.
d1./d Dont l'authenticité est douteuse. Document apocryphe.
d2./d Se dit d'un texte qui n'est pas admis dans le canon biblique juif ou chrétien.

⇒APOCRYPHE, adj. et subst.
A.— RELIG., adj. [En parlant d'un texte, d'un livre] Dont l'Église ne reconnaît pas l'origine divine, qu'elle place hors du canon des Livres inspirés :
1. Il vous a plu de supprimer une multitude d'évangiles, que vous appelez apocryphes, qui cependant ne le sont pas plus que les autres.
CHATEAUBRIAND, Essai sur les Révolutions, t. 2, 1797, p. 343.
Subst. masc. plur. Les apocryphes. Les livres dont l'appartenance au canon des livres inspirés de la Bible est douteuse ou erronée :
2. À Monsieur Edme Laurency.
7 novembre,
Monsieur,
Le livre dont vous êtes le publicateur se rattache à cette famille de livres mystérieux dont font partie la Bible hébraïque et les autres Bibles de l'Orient. Les apocryphes, sur lesquels aucun jugement sain n'a encore été porté, sont un des groupes de ce grand ensemble d'œuvres étranges, mi-partie d'esprit terrestre et d'esprit visionnaire.
HUGO, Correspondance, 1871, p. 298.
B.— P. ext., adj. Non authentique, faux :
3. Je connais un prêtre vraiment pieux que j'aime et qui m'embarrasse jusqu'au malaise. Il y a en lui un besoin de contradiction, surtout en matière d'exégèse et même de liturgie, qui me paralyse. Il me parlait aujourd'hui du pape, raturant des noms de saints reconnus ou supposés apocryphes ou inexistants, quoique vénérés par toute l'Église, depuis des siècles.
BLOY, Journal, 1904, p. 223.
4. Je rejette absolument les faits allégués par Charles du Lys, relativement à Guy de Cailly (...). Les lettres d'anoblissement de Guy de Cailly sont apocryphes.
A. FRANCE, Vie de Jeanne d'Arc, 1908, p. 359, note 2.
5. ... l'Abbé Cave avait déjà repris son ton affable, et, tendant à Fleurissoire l'enveloppe où il venait d'inscrire l'adresse apocryphe du Cardinal :
— Voudrez-vous la mettre à la poste vous-même; c'est plus prudent : les lettres des curés sont ouvertes.
GIDE, Les Caves du Vatican, 1914, p. 794.
En partic. [En parlant d'un livre, d'une œuvre, ...] Dont l'attribution à un auteur déterminé est erronée :
6. ... il y a beaucoup d'ouvrages que Tiedemann a déclarés apocryphes et qui aujourd'hui sont reconnus authentiques...
COUSIN, Hist. de la philos. mod., 1847, p. 272.
Rem. Dans l'ex. suiv., le mot est employé en parlant d'un vin à étiquette falsifiée :
7. ... depuis son jeune âge, Corentin avait appris à tirer d'un aubergiste des choses plus essentielles que des plats douteux et des vins apocryphes.
BALZAC, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847, p. 310.
Rare, en emploi subst. (neutre) :
8. ... il y a eu, dans la grande reconstruction [après la Révolution], du vrai, du solide et de l'authentique; il y est aussi entré bien du mensonge, de l'apocryphe et du postiche.
SAINTE-BEUVE, Portraits contemp., t. 3, 1846-69, p. 421.
DÉR. 1. Apocryphiste, subst. Auteur d'un apocryphe biblique. (1892, RENAN, Hist. du peuple d'Israël, t. 5, p. 391; suff. -iste). 2. Apocryphité, subst. fém.Caractère d'un écrit apocryphe; écrit apocryphe. (1791, VOLNEY, Les Ruines, p. 187; suff. -ité).
PRONONC. :[]. Dér. Apocryphité. Seule transcription ds LITTRÉ : a-po-cri-fi-té.
ÉTYMOL. ET HIST.
I.— Adj. 1. ca 1220 « dont l'authenticité n'est pas établie » (GAUTIER DE COINCY, Miracles de la Vierge, éd. Poquet, 176 ds LITTRÉ Suppl. : Cil qui plain sont tout de tosique [poison], Adonc si dient qu'autentique Ne vrai ne sunt pas si miracle [de la sainte Vierge]; Pour mettre encontre aucun obstacle Dient que tout sont apocrife); en partic. en parlant d'un écrit (Lég. dorée, Maz. 1729, f° 147d ds GDF. Compl. : Croniques apocriffes); 2. 1578 « (en parlant d'un écrit) que l'Église ne reconnaît pas comme canonique » (H. ESTIENNE, Dial. du nouv. lang. fr. ital., 434, ibid. : Bien peu de gens alors scavoyent mettre distinction entre les livres apocryphes et les autres livres de la Bible).
II.— Subst. 1. XIIIe s. « auteur apocryphe » (Nativ. N. D., Reinsch, Die Pseudo-Evangelien, 33, ibid. : As apocrifes deputaires), attest. isolée; 2. 1845 sing. et plur. « écrit(s) dont l'authenticité n'est pas établie » (BESCH.); 1878 « livre de la Bible dont l'authenticité n'est pas établie » (Ac.).
Empr. au lat. chrét. apocryphus : I 2 (qualifiant un écrit) ST JÉRÔME, Epist., 78, 18 ds TLL s.v., 242, 72, cf. aussi ST AUGUSTIN, Civ., 15, 23 ds TLL s.v., 242, 79; I 1 (ne qualifiant pas un écrit), TERTULIEN, Pudic., 20, ibid.; II 1, ST JÉRÔME, Mat., 4, 23 ds BLAISE; II 2, ST JÉRÔME, Ep., 107, 12, ibid.
STAT. — Fréq. abs. littér. : Apocryphe. 69. Apocryphité. 1.
BBG. — Archéol. chrét. 1924. — BACH.-DEZ. 1882. — Bible 1912. — Bible Suppl. t. 1 1928. — BOUILLET 1859. — DHEILLY 1964. — Gramm. t. 1 1789. — LAF. 1878. — LEP. 1948. — MARCEL 1938. — NOTER-LÉC. 1912. — ROLLAND-COUL. 1969. — SPRINGH. 1962. — Théol. cath. t. 1, 2, 1909.

apocryphe [apɔkʀif] adj. et n. m.
ÉTYM. V. 1220; lat. ecclés. (saint Augustin) apocryphus, grec apokruphos, proprt « tenu secret ».
Didactique ou littéraire.
1 Adj. Didact. (relig.). Que l'Église ne reconnaît pas, ne tient pas pour canonique. || Évangiles apocryphes. || Le troisième et le quatrième livre d'Esdras sont apocryphes (Académie, 8e éd.).N. m. || Les apocryphes : les livres de la Bible dont l'autorité est douteuse.
1 Tous les contes ramassés dans les livres les plus apocryphes.
Bossuet, in Littré.
2 Le livre de Daniel, que toute l'orthodoxie rapporte au temps de la captivité, est un apocryphe composé en 169 ou 170 avant Jésus-Christ.
Renan, Souvenirs d'enfance…, V, 3.
2 Adj. (XVIIe). En parlant d'un écrit. Dont l'authenticité n'est pas établie. || Histoire apocryphe. || Nouvelle apocryphe. Controuvé, faux, inauthentique, supposé.
3 Si ce conte n'est apocryphe (…)
La Fontaine, Fables, XII, 12.
4 (…) parmi d'autres manuscrits qui contiennent des histoires vraies ou apocryphes (…)
La Bruyère, les Caractères, XVI, 22.
5 Deux camps se formèrent aussitôt, et une violente polémique s'engagea entre les partisans du fameux document et les adversaires qui le déclaraient apocryphe.
Raymond Roussel, Impressions d'Afrique, p. 309.
Par ext. Dont la véritable origine n'est pas solidement établie. || Ce tableau, sans doute apocryphe, dépare le musée.
REM. Renan emploie le dér. apocryphisme [apokʀifism] n. m.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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